Face à la question délicate des violences et des harcèlements, quelle posture adopter …/… ? 


La question est posée à Karline Gaborit, avocate au barreau de Nîmes et fondatrice de l'association VIA FEMINA FAMA , qui aide les femmes à sortir des violences et à se reconstruire .


Quand on évoque la question des violences faites aux femmes, on pense de prime abord à la maltraitance physique. Pourtant elle peut prendre d'autres formes….

En matière de violences conjugales , les coups n'arrivent pas immédiatement, voire n'arrivent  jamais. Pour autant les violences psychologiques sont souvent bien plus destructrices et peuvent aller jusqu'au suicide de la victime. Dénigrement, isolement, menaces, insultes, humiliations, déstabilisation , surveillance, dépendance économique…la liste est longue de ces comportements qui placent la victime sous emprise. 

Quel sont les signes qui peuvent alerter ? 

Difficile de répondre à cette question de manière scientifique. L'examen global de la situation est une première piste. Demandez-vous si la personne en face de vous paraît libre ou non de ces faits et gestes. Est-ce qu'elle a des amis, des relations familiales ? Les signes peuvent être la tristesse, la dépression, l'incapacité à prendre une décision où parler pour soi-même. Un signe qui ne trompe pas ,non plus : le changement de comportement en présence d'un compagnon trop protecteur où qui parle à sa place, le fait de ne pas pouvoir s'entretenir avec la victime, seul, par exemple. 

C’est un ensemble, mais la plupart du temps, on ne voit rien jusqu’à  ce que la victime commence à en parler. Si les violences physiques s'y ajoutent, c'est plus facile, les traces de bleus répétées  et les justifications maladroites de la victime permettent de lever le doute…/…

Extrait de l’article du journal Ilomag, magazine des infirmiers libéraux en Occitanie

Trois bracelets anti-rapprochement pour lutter contre les violences conjugales à Nîmes 

Le tribunal judiciaire de Nîmes vient d'être doté de trois bracelets anti-rapprochement. Un nouveau dispositif de lutte contre les violences conjugales.

Après les téléphones "grave danger", Nîmes dispose désormais d'un nouvel outil de lutte contre les violences conjugales. Le tribunal judiciaire a été doté de trois bracelets anti-rapprochement. 

Leur principe : le conjoint ou ex-conjoint violent dispose à la fois d'un boîtier et d'un bracelet électronique qui le géolocalisent. S'il franchit la zone d'alerte (entre 1 et 10 km sur décision du juge), un signal est envoyé à un téléopérateur. La victime - qui elle aussi dispose d'un boîtier géolocalisé - est alors prévenue. Si le mis en cause ne s'éloigne pas du périmètre de sécurité, les forces de l'ordre interviennent.

Garantie supplémentaire pour la victime

Avec ce dispositif, "le porteur du bracelet a l'interdiction d'approcher", note la procureure adjointe Véronique Compan. "C'est une garantie de plus pour la victime."

Ces bracelets anti-rapprochement peuvent être attribués sur décision d'un juge, au civil (par le juge des affaires familiales) comme au pénal (soit dans le cadre d'un contrôle judiciaire avant jugement, soit dans le cadre d'un aménagement de peine avec accord de la victime). "En fait c'est une possibilité qui se décline tout au long de la chaîne judiciaire, d'où son intérêt", poursuit Véronique Compan.

Depuis 12 ans en Espagne

Ces bracelets anti-rapprochement existent depuis 12 ans déjà en Espagne. "Ca a fait ses preuves ailleurs, renchérit Etienne Morel, du Bureau d'aide aux victimes du palais de justice de Nîmes. Le téléphone "grave danger aussi a fait ses preuves mais il était limité parce que l'auteur pouvait être en contact avec la victime. Aujourd'hui il est mis à distance." 

Pour l'instant ce sont donc trois bracelets anti-rapprochements qui sont à disposition à Nîmes, mais d'autres peuvent arriver dans la foulée chez nous si les premiers sont rapidement attribués.

A partir du mois de janvier, ils seront déployés dans l'ensemble des juridictions de France.

EGALITE FEMMES HOMMES


Le Réseau départemental des droits des femmes regroupe un collectif de plus de 60 partenaires agissant pour la promotion de la lutte contre les violences faites aux femmes et en faveur de l’égalité des droits.

 Un site unique centralise les informations, qu'elles soient adressées aux femmes victimes ou aux témoins de violences http://aidesauxfemmes.gard.fr